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De · Newsletter Access Édition du 07/09/26 · 15:52

Objet

Segmentation email : les critères fiables en 2026

Aperçu · Quels critères de segmentation email restent fiables en 2026, et pourquoi le statut ouvreu…

Méthode

Segmenter une liste email consiste à découper ses abonnés en groupes homogènes pour leur adresser un message pertinent plutôt qu’un envoi identique à toute la base. Le critère le plus répandu pour faire ce tri — le statut « ouvreur / non-ouvreur » — s’est appuyé pendant des années sur le taux d’ouverture. Depuis septembre 2021, ce chiffre est structurellement faussé : les protections de confidentialité d’Apple Mail préchargent l’image de suivi qui sert à mesurer l’ouverture, que le message soit lu ou non. Un critère longtemps considéré comme acquis a donc cessé, à cette date précise, d’être fiable utilisé seul.

Pourquoi segmenter : ce que ça change (et ce que ça ne mesure pas)

Segmentation email : les critères fiables en 2026

Mieux cibler un envoi améliore l’engagement mesurable : plus de clics, moins de désabonnements, des messages qui correspondent à ce que le destinataire a montré comme intérêt. Ce que la segmentation ne fait en revanche jamais, c’est garantir un meilleur placement en boîte de réception. Le taux réel d’arrivée en boîte principale plutôt qu’en indésirables n’est mesurable de façon fiable par personne de l’extérieur : les fournisseurs de boîtes ne le publient pas, et les chiffres de « délivrabilité » avancés par les plateformes sont en réalité des taux de délivrance (messages acceptés par le serveur destinataire), pas des taux de placement en boîte principale. Pour aller plus loin sur cette distinction, voir la page dédiée à la délivrabilité email.

Les critères de segmentation qui restent fiables

Sorti du critère par ouverture, plusieurs signaux restent mesurables sans dépendre du préchargement des images. Ils se répartissent en trois familles : les données comportementales (clic, achat, ancienneté), les données déclarées par l’abonné lui-même, et les données techniques captées dès la collecte.

Critères de segmentation email — fiabilité et donnée nécessaire
Critère Type de donnée nécessaire Ce qu’il permet de cibler Fiabilité en 2026 Point de vigilance
Clic sur un lien Événement de clic horodaté Intérêt réel pour un contenu/produit précis Fiable Ne dépend pas du préchargement d’image
Conversion / achat Événement transactionnel Intention d’achat avérée, valeur du panier Fiable Nécessite un suivi relié à la plateforme e-commerce
Ancienneté d’inscription Date d’opt-in enregistrée Nouveaux abonnés vs abonnés installés (séquence de bienvenue) Fiable Doit être la date réelle de consentement, pas la date d’import
Préférences déclarées Formulaire / centre de préférences Segmentation choisie par l’abonné lui-même Fiable Dépend du taux de remplissage, souvent faible
Source d’acquisition Tag à la collecte Adapter le ton/l’offre selon le canal d’origine Fiable À documenter dès la collecte, non reconstituable après coup
Ouverture (« ouvreur/non-ouvreur ») Pixel de suivi Historiquement : l’engagement par la lecture Non fiable seul depuis 2021 Gonflé par le préchargement Apple Mail (~6 ouvertures sur 10 concernées, Litmus, juillet 2026)
Statut de délivrance (hard/soft bounce) Retour serveur à l’envoi Nettoyer la base avant de segmenter Fiable, mais binaire Un hard bounce se retire immédiatement ; un soft bounce se retente puis se traite pareil après plusieurs échecs

Le critère « ouvreur / non-ouvreur » : ce qu’il faut savoir avant de l’utiliser

Le statut ouvreur/non-ouvreur repose sur le chargement d’une image invisible insérée dans le message : si elle se charge, l’email est compté comme ouvert. Cette mécanique a fonctionné comme indicateur d’engagement jusqu’en 2021.

Comment le préchargement fausse la mesure

Depuis l’introduction d’iOS 15 en septembre 2021, les protections de confidentialité d’Apple Mail préchargent l’image de suivi par un serveur intermédiaire, que le message soit effectivement lu ou non par le destinataire. Le pixel se déclenche donc même quand personne n’a ouvert l’email.

Litmus (Email Client Market Share, données de juillet 2026, page mise à jour au 01/08/2026, plus d’un milliard d’ouvertures mesurées) situe la part des ouvertures passant par un client Apple à 62,26 % en juillet 2026 — contre 64,66 % en mai 2026. Litmus précise lui-même que ces parts fluctuent d’un mois sur l’autre : ce sont des instantanés, pas des constantes. Concrètement, une majorité des « ouvertures » mesurées transite aujourd’hui par ce préchargement.

Le taux d’ouverture n’est plus une mesure fiable de l’attention réelle : depuis 2021, les protections de confidentialité de certaines messageries préchargent les images de suivi, ce qui comptabilise des ouvertures qui n’ont pas eu lieu. Les taux ci-dessous sont donc gonflés dans une proportion inconnue et ne sont pas comparables d’une audience à l’autre. Le taux de clic, le taux de désabonnement et la conversion restent, eux, exploitables.

Segmenter à partir de la liste elle-même : le préalable qu’on saute trop souvent

Un segment construit sur une liste sale — hard bounces non retirés, adresses jamais engagées depuis des mois — fausse tout le reste : le critère paraît fiable alors que la base qui le nourrit ne l’est pas. Un hard bounce (adresse qui n’existe plus) se retire immédiatement de la liste ; un soft bounce (erreur temporaire) se retente puis se traite de la même façon après plusieurs échecs consécutifs.

Envoyer à des adresses qui n’ouvrent plus depuis des mois abîme la réputation de votre domaine et fait tomber les emails de ceux qui, eux, vous lisent. Supprimez immédiatement les adresses en erreur permanente, et cessez d’écrire aux inactifs après une ou deux tentatives de réengagement. Ne rachetez jamais une liste, et ne réimportez jamais une base ancienne dont vous ne pouvez pas prouver le consentement : ces deux gestes sont la cause la plus fréquente d’un effondrement brutal de la délivrabilité.

Segmentation et prospection : ce que le droit encadre

Segmenter ne dispense d’aucune des obligations qui s’appliquent à tout envoi de prospection, quelle que soit la base légale retenue : l’identité de l’expéditeur doit être clairement indiquée, l’objet du message ne doit pas être trompeur, un moyen simple et gratuit de s’opposer aux envois doit figurer dans chaque message, et une demande de désabonnement doit être traitée sans délai. Le droit d’opposition à la prospection est absolu : il n’a pas à être motivé et ne peut pas être refusé. Cette page décrit un cadre applicable à une date donnée et ne constitue pas un conseil juridique — le régime diffère selon que le destinataire est un particulier ou un professionnel, et selon la manière dont l’adresse a été collectée ; en cas de doute sur une base existante, faites valider votre dispositif par un professionnel du droit ou consultez directement les recommandations de la CNIL. Le cadre applicable à la collecte et à la prospection par email est détaillé sur la page dédiée au RGPD emailing.

Comment le mettre en place selon l’outil

La segmentation dépend du modèle de données de la plateforme utilisée : certains outils raisonnent par contact (un profil, des attributs), d’autres par événement (une action horodatée reliée à un contact) — ce qui change la façon de construire un segment sans changer les critères eux-mêmes listés plus haut. Ce n’est pas l’objet de cet article de classer les outils entre eux : pour comparer les plateformes, voir le comparatif des logiciels d’emailing, et pour les scénarios déclenchés automatiquement à partir d’un segment, la page marketing automation.

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Hélène Sertin

Relève les grilles tarifaires des outils d'emailing à la main, source par source, et les republie datées. Tient la rubrique Le Barème.

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L’état de ce relevé
RubriqueMéthode
Relevé publié le15/09/2026
Dernière vérification07/09/2026
Sources citées en fin de pageaucune — cette page ne cite aucun barème extérieur
À revérifier avant le06/12/2026
Comment ce relevé a été fait

Les montants de cette page ont été lus le 07/09/2026 sur la page de tarifs de l’éditeur lui-même, pas sur un comparatif ni sur une fiche d’annuaire. Ils sont notés hors taxes et au tarif mensuel affiché : un engagement annuel, une remise de lancement ou une négociation commerciale les font baisser, et cette page ne les connaît pas.

Un éditeur peut changer sa grille du jour au lendemain, et il le fait sans prévenir ses lecteurs. Le seul chiffre qui engage est celui affiché par l’éditeur au moment où vous signez : si l’écart avec cette page vous coûte quelque chose, c’est sa page qui fait foi, pas la nôtre.

Ce qui n’est pas mesurable ici est laissé vide plutôt que coché : une case sans réponse veut dire que nous n’avons pas pu le vérifier, pas que la fonction est absente.

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Hélène Sertin

Rédaction · Newsletter Access

Relève les grilles tarifaires des outils d'emailing à la main, source par source, et les republie datées. Tient la rubrique Le Barème.

Article publié le 15/09/2026, mis à jour le 07/09/2026.