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NEWSLETTER ACCESS · NON CLASSÉ · ÉDITION DU 31/08/26

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Taux d’ouverture email : pourquoi ce chiffre est faux depuis 2021

Alimentation papier d’une presse en fonctionnement

NEWSLETTERACCESS · FICHE OUTIL · ÉDITION DU 31/08/26 · DONNÉES RELEVÉES CE JOUR

Le taux d’ouverture affiché dans votre outil d’emailing ne mesure plus, depuis 2021, le nombre de personnes qui ont réellement lu votre message : une partie des « ouvertures » comptabilisées sont des chargements automatiques de l’image de suivi par le client mail, avant même que l’humain n’ouvre quoi que ce soit. Le chiffre est gonflé dans une proportion qu’aucun outil ne peut mesurer, et il n’est comparable ni d’une liste à l’autre, ni d’une période à l’autre autour de cette date.

Comment le taux d’ouverture est mesuré techniquement

Le principe est ancien et reste le même sur tous les logiciels d’emailing : chaque email envoyé embarque une image invisible d’un pixel, hébergée sur un serveur de l’éditeur. Quand le client mail affiche les images du message, il charge ce pixel, et ce chargement est enregistré comme une « ouverture ». Pas de chargement d’image, pas d’ouverture comptée. C’est un système déclaratif indirect : il ne mesure pas la lecture, il mesure un appel réseau vers une image.

Cette mécanique fonctionnait raisonnablement bien tant que le chargement de l’image dépendait du comportement réel du destinataire (ouvrir le message, autoriser l’affichage des images). Ce lien s’est rompu à une date précise.

La rupture datée : ce qui a changé avec iOS 15

Depuis l’introduction de la protection de la confidentialité des mails avec iOS 15, en septembre 2021, Apple Mail précharge automatiquement les images de suivi, que le message ait été ouvert par l’utilisateur ou non. Le pixel est donc chargé par un serveur intermédiaire d’Apple, pas par le geste du destinataire. Résultat : une partie des ouvertures enregistrées correspond à des messages jamais consultés. La proportion exacte de ce gonflement n’est pas mesurable et varie selon l’audience : elle dépend de la part d’utilisateurs Apple Mail dans la liste, de leurs réglages, et d’autres paramètres qui ne sont pas documentés publiquement.

Conséquence directe pour qui lit un tableau de bord d’emailing : le taux d’ouverture affiché aujourd’hui n’est comparable ni au taux d’ouverture de la même liste avant 2021, ni au taux d’ouverture d’une autre liste, même envoyée depuis le même outil.

Pourquoi ce n’est pas un détail marginal

Ce biais ne concerne pas une frange négligeable des messages : Apple Mail est, de loin, le premier client de messagerie utilisé pour ouvrir des emails. La table ci-dessous donne la répartition des ouvertures mesurées par client de messagerie.

Client de messagerie Part des ouvertures mesurées Période des données Source Date de relevé
Apple Mail 62,26 % Juillet 2026 Litmus Email Client Market Share (litmus.com/email-client-market-share) 31/08/2026
Gmail 27,03 % Juillet 2026 idem 31/08/2026
Outlook 5,83 % Juillet 2026 idem 31/08/2026
Yahoo 2,59 % Juillet 2026 idem 31/08/2026

Ces parts fluctuent d’un mois sur l’autre : Litmus indique par exemple qu’Apple valait 64,66 % en mai 2026. Ce sont des instantanés, pas des constantes — à re-relever à la date de lecture plutôt qu’à considérer comme figés. Mais quelle que soit la fluctuation exacte, le constat de fond ne bouge pas : Apple Mail représente la majorité des ouvertures mesurées, ce qui veut dire que la majorité du signal « taux d’ouverture » est traversée par ce biais de préchargement.

Ce qu’il faut regarder à la place

Le taux de clic, le taux de désabonnement et le taux de conversion (achat, prise de rendez-vous, téléchargement) restent des signaux exploitables, parce qu’ils exigent tous une action réelle du destinataire : cliquer sur un lien, se désinscrire, ou aller au bout d’une action mesurée sur le site. Un préchargement automatique de pixel ne peut pas déclencher un clic à la place de la personne. C’est la différence structurelle entre ces indicateurs et le taux d’ouverture : les premiers dépendent d’un geste humain, le second dépend aussi d’un comportement technique du client mail.

Ce que le taux d’ouverture reste bon à faire

Il garde un usage : suivi en relatif, dans le temps, sur une même liste stable, pour repérer une tendance interne (une chute ou une hausse marquée d’un envoi à l’autre, sur une audience qui ne change pas). Il n’a en revanche plus de valeur comme chiffre absolu, et il ne doit jamais servir à comparer deux audiences différentes entre elles — puisque la part d’utilisateurs Apple Mail, et donc l’ampleur du biais, diffère d’une liste à l’autre.

Le taux d’ouverture n’est plus une mesure fiable de l’attention réelle : depuis 2021, les protections de confidentialité de certaines messageries préchargent les images de suivi, ce qui comptabilise des ouvertures qui n’ont pas eu lieu. Les taux ci-dessous sont donc gonflés dans une proportion inconnue et ne sont pas comparables d’une audience à l’autre. Le taux de clic, le taux de désabonnement et la conversion restent, eux, exploitables.

Taux d’ouverture, délivrabilité, délivrance : ne pas confondre

Le taux d’ouverture est parfois mélangé avec la notion de délivrabilité, alors que ce sont deux choses distinctes. Pour aller plus loin sur ce que recouvre réellement l’arrivée en boîte de réception, voir délivrabilité email.

Personne ne peut mesurer de l’extérieur le taux réel d’arrivée en boîte de réception : les chiffres de « délivrabilité » publiés par les plateformes sont des taux d’acceptation par le serveur destinataire, ce qui n’est pas la même chose. La délivrabilité dépend d’abord de la qualité de votre liste et de l’engagement de vos destinataires, ensuite seulement de l’outil.

Existe-t-il un « taux d’ouverture moyen » de référence ?

Non, pas de façon fiable et consolidée. Une bonne partie des chiffres qui circulent sur le sujet ne précisent ni le périmètre, ni l’année des données, ce qui les rend inutilisables pour se comparer. Le seul chiffre identifiable avec une source primaire datée est celui publié par Mailchimp pour des données de décembre 2023, tous secteurs confondus : 35,63 %. Ce chiffre n’a plus de valeur d’étalon aujourd’hui — il date d’avant les évolutions récentes de mesure et ne couvre qu’un seul éditeur — mais il illustre l’écart qui existe entre les chiffres cités sans source et ce qu’une source primaire datée permet réellement d’affirmer. Cette page ne publie donc pas de tableau de « taux d’ouverture moyen par secteur » : aucune étude consolidée, non contradictoire et datée n’a pu être identifiée pour trancher la question.

⛔ Ce qu’on ne sait pas

  • La proportion exacte dans laquelle le taux d’ouverture est gonflé par le préchargement : elle n’est pas mesurable, et elle varie selon la composition de chaque audience.
  • La part d’Apple Mail citée plus haut (62,26 %) date du relevé du 31/08/2026 : ces parts changent chaque mois, il faut donc la considérer comme une photographie et non comme une constante.
  • Aucun « taux d’ouverture moyen » consolidé et non contradictoire n’a pu être identifié, ni pour le marché français ni à l’international : seules existent des valeurs isolées, par éditeur, par périmètre et par année de données, et certaines de ces valeurs sont elles-mêmes contestées.
  • La date exacte à laquelle Gmail applique, ou non, un mécanisme de préchargement équivalent à celui d’Apple Mail : cette information n’a pas pu être établie avec une source fiable, elle n’est donc affirmée ni dans un sens ni dans l’autre.

Questions fréquentes

Pourquoi mon taux d’ouverture a-t-il augmenté brutalement depuis 2021-2022 ?

C’est le signe le plus courant du préchargement des images par Apple Mail depuis iOS 15 (septembre 2021) : une partie de la hausse correspond à des messages préchargés et non à des messages effectivement lus. Elle ne traduit pas forcément un vrai regain d’intérêt de votre audience.

Peut-on comparer son taux d’ouverture avec celui d’un concurrent ou d’un secteur ?

Non de façon fiable : le taux dépend de la part d’utilisateurs Apple Mail dans chaque liste, qui varie d’une audience à l’autre, et aucune moyenne de secteur consolidée et datée n’a pu être identifiée pour servir de repère.

Faut-il arrêter de suivre le taux d’ouverture ?

Non, mais il faut changer son usage : le garder comme indicateur de tendance interne sur une liste stable, dans le temps, et donner la priorité au taux de clic, au taux de désabonnement et au taux de conversion pour juger de la performance réelle d’un envoi. Pour la conduite complète d’une campagne (calendrier, séquence, tests), voir campagne emailing.

Méthode : chiffres relevés à la source citée (Litmus, Mailchimp) avec leur date de relevé, aucun taux moyen inventé ni recopié sans source primaire. Dernière vérification des chiffres de ce contenu : 31/08/2026. — Rédaction Newsletter Access.

L’état de ce relevé
RubriqueNon classé
Relevé publié le31/08/2026
Dernière vérification31/08/2026
Sources citées en fin de pageaucune — cette page ne cite aucun barème extérieur
À revérifier avant le29/11/2026
Comment ce relevé a été fait

Les montants de cette page ont été lus le 31/08/2026 sur la page de tarifs de l’éditeur lui-même, pas sur un comparatif ni sur une fiche d’annuaire. Ils sont notés hors taxes et au tarif mensuel affiché : un engagement annuel, une remise de lancement ou une négociation commerciale les font baisser, et cette page ne les connaît pas.

Un éditeur peut changer sa grille du jour au lendemain, et il le fait sans prévenir ses lecteurs. Le seul chiffre qui engage est celui affiché par l’éditeur au moment où vous signez : si l’écart avec cette page vous coûte quelque chose, c’est sa page qui fait foi, pas la nôtre.

Ce qui n’est pas mesurable ici est laissé vide plutôt que coché : une case sans réponse veut dire que nous n’avons pas pu le vérifier, pas que la fonction est absente.

La suite du barème

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Hélène Sertin

Rédaction · Newsletter Access

Article publié le 31/08/2026, mis à jour le 31/08/2026.